Pensionnats indiens

Les pensionnats indiens remontent aux années 1870. Il y a eu plus de 130 pensionnats un peu partout au pays, et le dernier a été fermé en 1996. Ces écoles subventionnées par le gouvernement et exploitées par des congrégations religieuses ont été établies pour éliminer le rôle des parents dans l’épanouissement intellectuel, culturel et spirituel des enfants autochtones.

À l’époque, plus de 150 000 enfants métis, inuits et membres des Premières nations ont été placés dans ces écoles, souvent contre la volonté de leurs parents. Bon nombre d’entre eux n'avaient pas le droit de parler leur langue et de conserver leur culture. Aujourd’hui, environ 80 000 anciens pensionnaires sont encore vivants; les répercussions des pensionnats se sont fait sentir sur plusieurs générations et ont contribué à des problèmes sociaux qui perdurent de nos jours.

Le 11 juin 2008, à la Chambre des communes, le premier ministre a présenté les excuses officielles du gouvernement du Canada aux anciens élèves, à leurs familles et aux collectivités en raison du rôle du Canada dans l’exploitation des pensionnats.

Convention de règlement relative aux pensionnats indiens

Avec l’appui de l’Assemblée des Premières Nations et d’organismes inuits, d’anciens élèves des pensionnats indiens ont intenté des poursuites judiciaires contre le gouvernement du Canada et les différentes congrégations religieuses en cause. Cette affaire, qui constitue le plus important recours collectif de l’histoire au pays, a donné lieu à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens. L’entente a été établie pour réparer les préjudices subis dans les pensionnats indiens. Outre la compensation financière accordée aux anciens élèves, on y prévoit l’établissement de l’organisme Commission de vérité et réconciliation du Canada et un budget quinquennal de 60 millions de dollars.

Commission de vérité et réconciliation du Canada

Commission de vérité et réconciliation du Canada a le mandat de découvrir ce qui s’est réellement passé dans les pensionnats indiens, pour que les citoyens du Canada apprennent la vérité. La commission se penchera sur ce que les exploitants des pensionnats indiens ont noté dans leurs dossiers, sur les déclarations des dirigeants de ces établissements scolaires, et sur les expériences des survivants, de leurs familles, des collectivités et de toute personne ayant été touchée par l’expérience des pensionnats indiens et les répercussions qui en découlent.

La commission espère guider et inspirer les membres des Premières nations, les Inuits, les Métis et les Canadiens par l’entremise d’un processus axé sur la vérité et la guérison menant à la réconciliation et à de nouvelles relations fondées sur la compréhension et le respect mutuels.

La commission considère la réconciliation comme un processus individuel et collectif permanent qui nécessite la participation des personnes touchées par l'expérience vécue dans les pensionnats indiens. Cela comprend les anciens élèves inuits, métis et membres des Premières nations, leurs familles, leurs collectivités, les groupes religieux, les anciens employés des pensionnats indiens, le gouvernement et tous les Canadiens.

Que fera la commission?

TRC s’engage à :

  • Préparer un dossier historique exhaustif sur les politiques et les activités des pensionnats indiens.
  • Produire un rapport public assorti de recommandations à l’intention des parties à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens.
  • Établir un centre national de recherche qui deviendra une ressource permanente en ce qui concerne les séquelles des pensionnats indiens.

Activités de TRC

Collecte de témoignages :

  • Offrir un cadre holistique, sûr et adapté aux réalités culturelles permettant aux anciens élèves, à leurs familles et à leurs collectivités de communiquer leurs expériences à la commission.
  • Les personnes touchées par l'expérience vécue dans les pensionnats indiens pourront raconter leur histoire dans une déclaration écrite ou enregistrée, lors d'une entrevue individuelle ou dans le cadre d'une discussion publique.
  • La participation est volontaire, et les participants pourront choisir leur mode de communication.

Activités nationales

  • Organiser sept activités nationales dans différentes régions du pays.

Activités communautaires

  • Appuyer la tenue d'activités communautaires conçues par les collectivités pour répondre à leurs besoins particuliers.

Recherche

  • Coordonner la collecte de documents et entreprendre des travaux de recherche sur des sujets précis afin de les intégrer dans le rapport de TRC et de les transmettre au Centre national de recherche.

Sensibilisation du public

  • Appuyer les efforts de sensibilisation, ainsi que les activités médiatiques et les activités de communication.

Commémoration

  • Appuyer des initiatives de commémoration visant à rendre hommage aux anciens élèves des pensionnats indiens, en partenariat avec le ministère des Affaires autochtones et Dévéloppment du Nord Canada.

Enfants disparus et lieux de sépulture non marqués :

  • La commission a accepté les recommandations du Groupe de travail sur les enfants disparus et les lieux de sépulture non marqués visant à appuyer le « projet de recherche sur les enfants disparus ».
  • Exemples de recommandations
    • Examiner le nombre de décès, de maladies et de disparitions chez les enfants ainsi que leurs causes.
    • Trouver les lieux de sépulture.
    • Examiner les dossiers pertinents des églises et du gouvernement, ainsi que les renseignements fournis par les survivants, le personnel des pensionnats ou toute autre personne.

Soutien en santé

  • Santé Canada offrira un soutien en santé aux personnes prenant part aux activités organisées par TRC.
  • Le soutien en santé comprend notamment l'accès à des services professionnels de consultation, à des travailleurs de soutien en santé communautaire et à des services de soutien aux aînés.

Structure organisationnelle et les responsabilités

  • Les commissaires ont la responsabilité de donner une vision et une orientation au directeur général et à son équipe de cadres supérieurs qui collaborent à la réalisation du mandat de TRC.
  • Le siège national de l’organisme est établi à Winnipeg. TRC a un plus petit bureau à Ottawa. Au fil du temps, TRC embauchera un nombre limité d’employés dans chacune des régions du pays.
  • Le Comité des survivants des pensionnats indiens, formé de dix survivants des pensionnats, agit à titre d’organe consultatif au sein de la commission.
  • Des agents de liaison régionaux embauchés par TRC permettront d’entretenir des liens entre TRC et les collectivités en vue de coordonner les activités nationales et communautaires et les activités de sensibilisation du public.